Silvio BERTONE : le « 100 km du Morvan » est une superbe fête !

Publié le par ACM

Edition 2008 :
Silvio BERTONE signe le nouveau temps de référence : 7h 52min 58sec


C'est par hasard qu'en surfant sur internet je découvre en printemps l'existence de ce 100 km tout spécial : on savait qu'on aurait voulu passer les vacances en Bretagne, terre d'origine de ma mère, ou nous avons de la famille, mais le planning était encore très flou.

Habitant en Italie, environ tous les deux ans nous remontons a la mer, où j'allais déjà en enfance avec mes parents. Déjà un premier contact avec notre ami webmaster Renzo (qui connait bien l'italien!) révèle une chaleur et un accueil spécial... Quelques mois passent (trop vite) mais quand on a une idée en tète... Voici le planning définitif : la course sera le début des vacances et le reste sera du repos et de la visite. Bien sur, la vision du profil du parcours me laissait clairement pressentir que si le gagnant précédent avait termine en 8h21', cela ne serait pas dans le Morvan que j'aurais améliore mon chrono de l'an passe (8h00'21" a Tarquinia, près de Rome) : mais il y a du dénivelé et c'est ce qui me servira fin août pour l'Ultra Trail du Mont Blanc, que je fais tous les ans!

 

L'atmosphère vers 5h15 du matin est bien calme à Chateau-Chinon : les athlètes déjeunent, les tubes de crème anti-frottement parfument l'air et les regards un peu endormis et un peu soucieux se croisent avec des échanges de mots sympas!  Il ne fait pas trop chaud (environ 16 C) : c'est super et on démarre de bonne humeur en allure conviviale au son de l'accordéon jusqu'a la ligne de départ.

 

C'est parti ! On est un petit groupe en tète, un peu moins d'une dizaine et quelques mots et regards pour mesurer un petit peu le rythme a tenir, sans évidemment forcer, puisque la route est encore longue, quoique les premiers km descendent bien... Les premiers 20 km se passent très bien, le jour se lève et la côte d'Arleuf est derrière pour la première fois. Tout doucement la tète commence à rêver en regardant ces jolis paysages, la verdure et en lisant (et ensuite relisant et relisant) des petits panneaux super sympa qui aident à faire progresser (citations de Proust, Saint-Exupéry... et infos touristiques sur le tacot, petit train du Morvan, etc.). La surprise est aussi une splendide Bécassine qui surgit juste avant un ravitaillement et dégage une grande sympathie. Le peloton s'est un peu étiré et on avance, Jean-Marc Bordus, Dominique Provost (qui me dira plus tard qu'il est inscrit sur le 75 km) et moi.

 

Pendant quelques km je me trouve en tète, mais avant la mi-course, ça peut arriver : mon but, pour être bien content, est de monter sur le podium, cela ne m'arrive pas souvent, et donc faut pas faire d'erreur.

 

Les sensations sont bonnes mais on est qu'avant la mi-course: d'ailleurs, peu âpres, voici réapparaitre Jean-Marc qui me récupère bien souple et on passe quelques km ensemble pour terminer le deuxième tour. Le troisième tour il démarre et, sachant qu'il a beaucoup d'expérience, un chrono d'enfer, je n'arrive pas à tenir ce rythme: d'ailleurs, à mi course, c'est bien trop tôt pour essayer et puis bon, si le troisième ne revient pas, le but pourra être atteint. Tout au fil des km parfois je me rapproche, par fois Jean-Marc s'éloigne, l'important est de rester régulier et de moduler le pas selon les côtes: oui la côte d'Arleuf est de plus en plus raide, et à chaque tour le Bécassines se multiplient comme dans une danse: toutes ravissantes, souriantes et de plus en plus nombreuses. Ça donne une hilarité assez compréhensible après toute cette route!

 


Voilà bouclée le troisième tour : ma merveilleuse famille est là. Comme il y a 2 heures d'ailleurs, les quelques gouttes de pluies se sont arrêtées et maintenant la lutte va être avec la chaleur, au ravitaillement du 75ème je rejoins Jean-Marc et après peu de paroles, en grand sportif, il me dit que ce sera la première marche du podium pour moi aujourd'hui, je ne peux pas le croire : 25 km ça peut devenir terriblement plus long. Apres la descente (je préfère monter, même si c'est paradoxal), du coin de l'œil j'aperçois Loïc, victoire, podium, 1,2 ou 3 ?

 

Je ne pense à rien, la côte d'Arleuf nous attend et c'est maintenant avec de la grosse transpiration, mais là, tout doucement, sans plus me tourner, je monte, c'est presque vertical cette fois-ci ! A Arleuf, je suis inquiet "il est où le troisième?" je demande a Eric qui se demande si je délire... Je suis premier mais la course est loin d'être finie. Les Bécassines sont toujours la "pourquoi courrez-vous, monsieur?"

 

Bonne question : je commence à y croire, voila pourquoi !  A 7 km de l'arrivée les gentils messieurs qui ont suivi toute la tète de la course en voiture (ça doit être encore plus long !) me disent de savourer, je n'arrive pas trop. Il ne faut jamais lâcher, les crampes sont aux aguets : parfois aux quadriceps, parfois aux mollets. Ce serait absurde de se faire rattraper juste à la fin. Il a quelques mois, à une course en couple, nous avions pris le podium a 500 M de l'arrivée après 36 Km de course en montagne, j'étais mal pour les adversaires... J'accélère donc mais le dernier Km c'est le rêve : quelle étrange sensation de légèreté, de joie, ma femme Alessandra avec Yannick dans la poussette, mes filles Gaëlle et Viviane qui vont me porter à cette première victoire. Trop de paroles pour décrire ce nœud a la gorge, c'est fabuleux. Un vrai rêve, une fête tellement inattendue !


Ce récit pour transmettre a tous, celle qui pour moi est une de ces journées magiques, dont le souvenir de chaque détail reste extrêmement vif.

 

Un grand MERCI a cette organisation faite de personnes passionnées et lumineuses, d'une sympathie remarquable : chaque bénévole a été splendide, l'équipe médicale (qui m'a remis debout après que le corps a été lâché par le relax du mental!) e les kinés aux massages d'une gentillesse extra, le représentant du sponsor Brooks super sympa !

Entre sportifs un esprit d'amitié e de respect réciproque magnifiques, qui m'a très touché. Les accompagnants des doubles qui proposaient de l'eau, les marcheurs, les coureurs du 25 km qui nous encourageaient, et enfin ce n.1 sur le podium avec les gentilles paroles a la remise des prix : tout ça fait oublier la fatigue et les douleurs musculaires qui suivront !

 

Cela fait a ce jour, ma "course idéale", et même si d'habitude nous montons en France tous les 2 ans, la tentation de revenir l'an prochain est énorme... Et résister à ce genre de tentation c'est très très dur!

 

Encore merci et a bientôt !
Silvio

Publié dans 100-km-du-morvan

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